[Test] Lost Odyssey


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Pour fêter mon dixième article, je vous en gratifie d’un 11ème pas plus tard que maintenant.
Pour être franc j’ai eu un peu de remord de vous laisser en compagnie d’Enchanted arms seulement (et pendant la nuit j’ai reçu des mails de pro-Microsoft me menaçant de mort car pas assez de jeux Xbox360 sur le site, je blague bien sûr… ou pas…).

Je vais être direct, c’est le meilleur RPG next gen à l’heure actuelle (Valkyria n’étant pas un RPG à proprement parlé). Sous la supervision d’Hironobu Sakaguchi (papa de Final Fantasy), le chara-design de Takehiko Inoue (papa de Slam dunk, Vagabond) et la plume inspiré de Kiyoshi Shigematsu au scénario, Mistwalker nous offre ici un, je veux dire le RPG old school par excellence. Donc si le tour par tour n’est pas votre tasse de thé, que l’idée de tourner pendant trois heures dans une zone rien que pour faire de l’XP ne vous enchante pas ou que vous préférez être un mec avec un casque de moto vert tirant des lasers plutôt que de lire/vivre une belle histoire : passez votre chemin.

Petite mise en bouche, vous incarnez Kaïm Argonar, un « jeune » homme (du moins en apparence) souffrant du syndrome de « je suis blasé par la vie » (un peu comme Squall –> FFVIII). Et il y a de quoi, le bougre est immortel, cela fait plus de 1000 ans que Kaïm côtoie les hommes voyant ainsi les bons et mauvais côtés du genre humain. Cependant lorsqu’on en prend le contrôle, Kaïm est devenu amnésique, il n’a aucun souvenir et se contente d’obéir à son maitre : Gongora. Il sera accompagné par Seth, une pirate immortelle amnésique (apparemment on perd souvent la mémoire quand on est immortel ^^ enfin l’explication c’est qu’en fait… euh non je vais pas vous le dévoiler quand même). Et Jansen, simple mortel, coureur de jupon et accessoirement espion à la solde de Gongora.
Au fil de l’aventure Kaïm et sa troupe récupèrerons peu à peu leurs souvenirs, donnant place à des cut-scenes ne comprenant que des images fixes et du texte. Ces scènes sont les souvenirs de Kaïm, intitulé : un millénaire de rêves. En voici un modeste exemple, je trouve que c’est magnifiquement mis en scène, simple, efficace et surtout poétique.


Lost Odyssey – Hannah’s departure.

Les membres de la famille ont les larmes aux yeux lorsqu’ils accueillent Kaïm, de retour à l’auberge après son long voyage.

« Merci infiniment d’être venu. »

Il comprend immédiatement la situation.

L’heure du départ approche.

C’est trop tôt, bien trop tôt. Cependant, il le sait, ce jour devait finir par arriver, et dans un futur proche.

« Je risque de ne jamais te revoir », lui avait-elle dit avec un sourire triste lorsqu’il était parti en voyage, son visage souriant presque transparent tant il était blanc, si fragile, et par conséquent incroyablement beau, alors qu’elle était couchée dans son lit.

« Puis-je voir Hanna maintenant ? », demande-t-il.

L’aubergiste fait un tout petit signe de tête et répond : « Je ne pense pas qu’elle vous reconnaîtra cependant. »

Il avertit Kaïm qu’elle n’a pas ouvert les yeux depuis la nuit dernière. À en juger par les faibles mouvements de sa poitrine, on peut en conclure que sa vie ne tient plus qu’à un fil qui pourrait se rompre à tout moment.

« Quelle honte ! Je sais que vous avez mis un point d’honneur à venir ici pour elle… »

Une autre larme coule le long de la joue de la femme.

« Cela ne fait rien », dit Kaïm.

Il a assisté à d’innombrables décès, et son expérience lui a appris beaucoup de choses. Tout d’abord, la mort ôte le pouvoir de parler, puis la capacité de voir. Cependant, l’ouïe fonctionne jusqu’à la fin. Même si la personne a perdu connaissance, il arrive fréquemment que les voix de la famille lui arrachent un sourire ou des larmes.

Kaïm pose son bras autour de l’épaule de la femme et dit : « J’ai beaucoup d’histoires à lui raconter sur mes voyages. J’ai attendu ce moment avec impatience quand j’étais sur la route. »

Au lieu de sourire, la femme laisse couler une autre grosse larme et fait un signe de tête à Kaïm : « Et Hanna était si impatiente d’écouter vos histoires. »

Ses sanglots étouffèrent presque ses mots.

L’aubergiste dit : « J’aimerais vous proposer de vous reposer de vos voyages avant de la voir, mais… »

Kaïm interrompt ses excuses : « Bien sûr. Je vais la voir tout de suite. »

Il reste très peu de temps.

Hanna, la fille unique de l’aubergiste et de sa femme s’éteindra probablement avant le lever du soleil.

Kaïm pose son sac sur le sol et ouvre doucement la porte de la chambre de Hanna.

Depuis sa naissance, Hanna était frêle. N’ayant pas eu la possibilité de voyager, elle avait rarement quitté la ville ou même le quartier dans lequel elle était née et avait grandi.

Cette enfant ne vivra probablement pas jusqu’à l’âge adulte, avait dit le médecin à ses parents.

À cette petite fille aux traits extraordinairement beaux, dignes d’une poupée, les dieux avaient réservé un destin des plus tristes.

Le fait qu’elle soit née fille unique de propriétaires d’une petite auberge le long de la grande route était peut-être un petit acte de rédemption pour une telle injustice.

Hanna ne pouvait aller nulle part, mais les clients qui restaient dans l’auberge de ses parents lui racontaient des histoires sur les pays, les villes, les paysages et les gens qu’elle ne connaîtrait jamais.

Chaque fois que de nouveaux clients arrivaient à l’auberge, elle leur demandait : « D’où venez-vous ? », « Où allez-vous ? », « Pouvez-vous me raconter une histoire ? ».

Elle s’asseyait et écoutait leurs histoires, les yeux brillants, les poussant toujours à lui en raconter plus avec ses « Et alors ? Et ensuite ? ». Lorsqu’ils quittaient l’auberge, elle les suppliait : « S’il vous plaît, revenez me raconter des tas d’histoires sur des pays lointains ! »

Elle se tenait là, faisant des signes de la main, jusqu’à ce que la personne disparaisse au loin, en bas de la grande route. Elle poussait alors un soupir, et retournait dans son lit.

Hanna dort à poings fermés.

Il n’y a personne d’autre dans la chambre, signe probable qu’elle a depuis longtemps franchi le stade où les médecins ne pouvaient plus rien pour elle.

Assis sur la chaise à côté de son lit, Kaïm dit en souriant : « Bonjour Hanna, je suis revenu. »

Elle ne répond pas. Sa petite poitrine d’enfant se soulève et s’abaisse de manière à peine perceptible.

Il lui raconte : « J’ai vogué sur les mers cette fois. Sur l’océan, du côté où le soleil se lève. J’ai pris un bateau depuis un port très, très, très loin, de l’autre côté de la montagne que tu peux voir par cette fenêtre, et je me suis retrouvé en mer depuis le moment où la lune était pleine jusqu’à ce qu’elle rétrécisse de plus en plus, avant de redevenir de plus en plus grosse jusqu’à être pleine à nouveau. Il y avait l’océan à perte de vue, et rien d’autre. Rien que la mer et le ciel. Tu imagines Hanna ? Tu n’as jamais vu l’océan, mais je suis certain que les gens t’en ont parlé. C’est comme une énorme flaque incommensurable. »

Kaïm rit sous cape, et il a l’impression que la joue pâle de Hanna bouge légèrement. Elle peut l’entendre. Même si elle ne peut pas parler ou voir, son ouïe est toujours en vie.

Croyant et espérant que cette théorie est vraie, Kaïm poursuit le récit de ses voyages.

Il ne parle pas d’adieux.

Comme toujours avec Hanna, Kaïm sourit avec une douceur particulière qu’il n’avait jamais montrée à quiconque, et il continue de raconter ses histoires avec fougue, accompagnant parfois son récit de gestes exagérés.

Il lui parle de l’océan bleu.

Il évoque aussi le ciel bleu.

Il ne dit rien à propos de la violente bataille qui teinta l’océan de rouge.

Il ne lui raconte jamais ces choses-là.

Hanna était encore une petite fille lorsque Kaïm vint à l’auberge pour la première fois.

Lorsqu’avec son ton enfantin et son sourire innocent elle lui demanda d’où il venait et s’il pouvait lui raconter des histoires, Kaïm ressentit une douce chaleur l’envahir.

À cette époque, il revenait d’une bataille.

Plus précisément, il en avait terminé une et était en route pour la suivante.

Sa vie consistait à voyager d’un champ de bataille à un autre, et rien de tout ça n’a changé à ce jour.

Il a ôté la vie d’innombrables troupes ennemies, et assisté à la mort de nombreux compagnons sur le champ de bataille. De plus, la distinction entre les ennemis et ses compagnons ne tenait qu’à un minuscule coup du sort. Si le destin avait pris une tournure légèrement différente, ses ennemis auraient été ses compagnons, et ses compagnons ses ennemis. C’est le sort du mercenaire.

Épuisé spirituellement, il se sentait incroyablement seul. Étant immortel, Kaïm ne craignait pas la mort, qui était précisément la cause du visage distordu de chaque soldat effrayé, et la raison pour laquelle le visage de chaque homme qui mourait dans d’atroces souffrances était gravé à jamais dans son esprit.

D’ordinaire, il passait ses nuits sur les routes à boire. Abruti par l’alcool, ou faisant semblant de l’être, il essayait d’oublier l’inoubliable.

Cependant, lorsqu’il vit le sourire de Hanna qui le suppliait de lui raconter des histoires sur son long voyage, il se sentit bien plus apaisé qu’il ne l’aurait été grâce à l’alcool.

Il lui raconta beaucoup de choses…

À propos d’une jolie fleur qu’il avait découverte sur le champ de bataille.

À propos de la beauté ensorcelante de la brume qui envahit la forêt la veille de la bataille finale.

À propos du goût merveilleux de l’eau de source dans un ravin où ses hommes et lui s’étaient réfugiés après avoir perdu une bataille.

À propos d’un immense ciel bleu, sans fin qu’il avait vu après une bataille.

Il ne lui raconta jamais rien de triste, il se tut quant à la noirceur et la bêtise humaines dont il avait continuellement été témoin sur le champ de bataille. Il lui cacha son métier de mercenaire, ne lui donna jamais les raisons de ses voyages perpétuels, et parla uniquement de belles choses.

Il s’aperçoit maintenant qu’il n’a raconté à Hanna que des jolies choses pas tant par égard pour sa pureté, mais pour son propre salut.

Rester dans l’auberge où Hanna l’attendait devint l’un des petits plaisirs de la vie de Kaïm. En lui racontant les souvenirs qu’il rapportait de ses voyages, il ressentait un certain salut, aussi mince soit-il.

Cinq ans, dix ans, son amitié avec la fillette se poursuivit. Petit à petit, elle avançait vers l’âge adulte, ce qui signifiait que, comme l’avaient prédit les médecins, chaque jour la rapprochait un peu plus de la mort.

Et maintenant, Kaïm achève la dernière histoire de son voyage qu’il partegera avec elle.

Il ne la reverra plus et ne pourra plus lui raconter d’autres histoires.

Avant l’aube, tandis que la nuit est au plus sombre, le souffle de Hanna s’interrompt par de longues pauses.

Le fil très fragile auquel tient sa vie est sur le point de se rompre tandis que Kaïm et ses parents la veillent.

La petite lueur qui a réchauffé la poitrine de Kaïm va s’éteindre.

Ses voyages solitaires, ses longs, longs voyages sans fin, reprendront demain.

« Tu vas bientôt voyager toi aussi, Hanna », lui dit Kaïm avec douceur.

« Tu vas partir pour un monde que personne ne connaît, un monde qui n’a jamais fait partie des histoires que tu as entendues jusqu’à présent. Tu vas enfin pouvoir quitter ton lit et aller où tu veux. Tu seras libre. »

Il veut qu’elle sache que la mort n’est pas quelque chose de triste, mais quelque chose de joyeux mêlé à des larmes.

« C’est ton tour maintenant. N’aie pas peur et raconte à tout le monde les souvenirs de ton voyage. »

Ses parents feront le même voyage un jour. Et un jour, Hanna pourra rencontrer tous les clients qu’elle a connus à l’auberge, bien au-delà des cieux.

Moi, cependant, je ne pourrai jamais y aller.

Je ne pourrai jamais échapper à ce monde.

Je ne pourrai jamais te revoir.

« Ce n’est pas un au revoir, mais seulement le début de ton voyage. »

Il lui dit ces derniers mots.

« Nous nous reverrons. »

Voilà le dernier mensonge qu’il lui raconte.

Hanna part.

Son visage affiche un sourire tranquille comme si elle lui avait répondu :

« À bientôt. »

Ses yeux ne se rouvriront jamais. Une unique larme coule lentement le long de sa joue.

C’est une des choses qui m’ont le plus plu dans ce Lost Odyssey. Car finalement on se rend compte que c’est lorsqu’on est immortel que l’on est le plus victime de la mort. Voir tous ces êtres cher mourir sans rien pouvoir y faire, tout cela à rendu Kaïm « insensible » mais en retrouvant ses souvenirs, ses émotions lui reviennent et il ne sera pas rare de se voir pleurer de concert avec lui tout au long de l’aventure.

Au niveau du gameplay, rien à signaler, c’est du tour par tour tout ce qu’il y a de plus classique. La seule subtilité réside dans le fait qu’on doive maintenir la gâchette et la relâcher au bon moment pour faire un coup plus puissant. Le jeu est dur, si vous n’êtes pas préparé avec l’équipement adéquat (anti poison, paralysie etc…) au bon moment, c’est le GAME OVER assuré (et vous allez en avoir). J’allais oublié, vos immortels une fois KO pourront se relever au bout de quelques tours d’eux même ce qui n’est pas le cas des mortels. Cependant si tous vos joueurs sont KO : fin de partie.
Graphiquement le jeu s’en sort bien, ça casse pas des briques non plus, mais c’est ce qu’on attend d’un RPG next gen (des personnages bien modélisés, des paysages diversifiés etc…) surtout que finalement c’est un petit studio qui fait ce jeu (vous devriez en prendre de la graine Sq-E).

Bref je vais conclure car en parler finalement ça ne sert à rien, il faut le faire, le vivre. A acheter les yeux fermés car ce serait dommage (si vous avez la 360) de passer à côté de ce titre qui est à mon goût sous noté. Amoureux du RPG à l’ancienne, partez en quêtes de ces 4 DVDs entièrement en français et prenez votre pied avec ce merveilleux jeu !

L’info en plus : Au japon existe un recueil contenant l’ensemble des rêves de Kaïm, faudrait réveiller les éditeurs français pour qu’ils publient ce livre de poche >_< !





2 commentaires sur “[Test] Lost Odyssey”

  1. maruska 10 juillet 2009 at 13:45 #

    magnifique jeu ! mais tu oublies un tout petit détail mais qui est important pour moi : la musique est de Nobuo Uematsu ! ^^

  2. Uriel 10 juillet 2009 at 21:36 #

    @Maru : Oh !! J’avais pas vu ! Merci de venir faire un petit tour ici ;) tu n’es bien sûr pas obligée de tout lire !
    Bisous bisous @très vite ici ou ailleurs ;)


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